
Une adaptation de la Science fiction européenne de Ursula K Le Guin qualifiait comme « décevante ». Elle mélange les genres et les influences (conte, culture occidental, culture nippone)
C’est un monde qui semble appartenir au passé : nous sommes sous la royauté, sous un régime féodal. Il y a de nombreuses légendes avec des dragons et de nombreuses allusions au passé créant une véritable mythologie à l’univers.
Autrefois, il y avait un âge d’or, avec une entente entre les deux peuples. Mais les dragons se sont remis à se battre entre eux : est-ce un mauvais présage ?
La scène prend place dans un château, avec toujours des paysages et des détails à couper le souffle. Fidèlement au cinéma de Myasaki, celui-ci accorde une grande importance aux personnages et aux psychologies et statuts qui en transpirent.
Très rapidement, intervient le meurtre du roi pour son épée par un enfant. L’importance des hiérarchies et des traditions mais aussi de la jeunesse comme porteuse d’avenir, de renouveau, de mouvement, sont ainsi soulevés. D’un point de vue narratif, on a déjà les deux «éléments perturbateurs».
Ce terme est particulièrement pertinent car nous sommes à priori en présence d’un conte (pour aller plus voir, vous référer à la morphologie de Mikaïl Bakhtine). Les personnages sont soit adjuvants, soit opposants. On peut trouver des obstacles, des péripéties.
On remarque que la situation initiale est quasiment inexistante, et nous sommes plongés in media res (dans l’action).
Le titre annonce l’importance accordée à la nature et aux éléments. Ainsi qu’à, ce qu’on pourrait considérer comme nos plus anciens parents : la terre et la mer. Ce sont les deux éléments qui représentent les humains, alors que les dragons se sont appropriés le feu et l’eau.
On touche donc aux mythes d’une civilisation et même d’une espèce.
On retrouve le jeune garçon et un homme, seigneur et sorcier, qui va sauver le garçon d’une meute de loups. Ils vont ensuite faire route ensemble vers une destination mystérieuse. On trouve une grande sensibilité aux couleurs et aux paysages. Le duo évoque le roman d’initiation ou de chevalerie. Il y a le maître et l’élève : le garçon est un valet. De ce fait, ces Contes semblent mélanger des influences culturelles occidentales et orientales. Le duo va être mis à l’épreuve. Dans la ville, le garçon découvre ce qu’est la drogue à travers le personnage d’Acrel qui lui propose des asias pour atteindre la béatitude. Le chevalier refuse pour lui. Celui-ci se fait traiter d’enchanteur ou critiquer pour sa magie par les différents citadins, notamment la tisseuse qui préfère «vendre des objets» que des «idées abstraites».
Les panoramas sont très beaux. On trouve des plans de coucher de soleil, des contrastes, des couleurs très sombres parfois. La fillette est lancée dans une course poursuite. Elle est sauvée. Les personnages des gardes méritent l’attention par leurs techniques de cruauté et leur indifférence. Certains plans cadrent en zoom les combats et les escaliers du château en contre-plongée pour souligner leur majesté.
Le petit est capturé par des chasseurs d’esclave. La pleine lune luit à travers l’enfermement du fourgon. L’archimage Epervier va le sauver une seconde fois. On est de nouveau en route pour l’aventure, le voyage, la liberté que représente le paysage avec des panoramas larges.
Le duo trouve l’hospitalité chez une dame et se lance alors une nouvelle intrigue sur l’identité de la jeune fille, la femme et Epervier se connaissant.
A la moitié du film, on trouve une scène d’initiation au travail de la terre avec une certaine beauté et grandeur. On y retrouve la nature et des ampoules.
Puis «pourquoi travailler comme un paysan si vous êtes sorcier?» et celui-ci répond sur l’harmonie de la terre par l’union des éléments. Il souligne un équilibre menacé au jeune garçon. Il parle aussi de « magie ».
La petite déclare «je déteste tout ceux qui ne respectent pas la vie», contrairement au garçon. Elle est misanthrope. On est face à un manifeste pour le vivant, l’harmonie naturelle.
On en apprend ensuite davantage sur le régicide, qui était le père. Le pire ennemi du garçon est lui-même et sa violence, comme le montre la scène du double vers 1H de film, ainsi que son discours en réponse à la petite fille. Celle-ci a été maltraitée puis abandonnée, elle a quelque chose de Cosette.
Les gardes vont retrouver la trace de ce foyer reconstitué qui commence à s’entendre. La petite fille abhorre puis supporte et apprécie le garçon. Celui-ci va toutefois décider de partir par peur d’être hanté et car il croit être une malédiction. Il a peut être aussi réagi aux commérages.
On a des aller-retours avec des images de la sorcière qui manigance tout ça, la méchante.
L’aigle symbolise le pouvoir, la royauté.
Sur tous les plans nature on a les 4 éléments, la terre, le vent, le feu avec le soleil, et l’eau avec les nuages, ainsi que le panel de couleurs qui va avec.
Les quatre personnages sont associés aux 4 éléments. Bien sûr, la fermière c’est la Terre.
Aren porte encore une dualité en lui, des démons, et va donc succomber au charme du sorcier Araméide.
On retrouve des influences de Seigneur des anneaux, Narnia et peut-être même Harry Potter dans l’intrigue et le schéma narratif en même temps ce sont des motifs courants (les deux mages en concurrence, l’immortalité, l’épée, l’élu, l’orphelin …)
La petite fille donc celle qu’on a demandé de rester en retrait à la maison, à un rôle important dans la résolution des différents nœuds.
L’auteur permet, de ce fait, une réflexion sur la vie au passage et sur son caractère même, par rapport à la mort, angoissante.
La musique est douce comme souvent : la fille chante, le garçon pleure.
Le motif de la métamorphose est présent grâce à l’épanouissement final des deux jeunes avec l’image des dragons.
Laisser un commentaire