Cessons la pensée binaire !

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On pourrait aussi l’appeler pensée manichéenne. L’essentiel de nos concepts et, par extension, de nombreuses réflexions des sciences humaines demeurent influencées par la pensée platonicienne, puis chrétienne. Ces deux manières de penser ont en commun d’accorder leur confiance au monde des idées, de l’esprit, par rapport à celui physique, du corps. On retrouve cette idée dans l’allégorie de la Caverne, avec les ombres et les essences, ou dans la séparation entre âme et corps stipulée par la religion chrétienne. Cette opposition est ax fondements des philosophie dualiste et spiritualiste.

On pourrait encore détailler longtemps sur les impacts de cette division idéologique. Elle repose également sur une dialectique de la pureté et de l’impureté, de l’inclusion et de l’exclusion.

Le corps est du côté bas, il est associé au pêché et à une certaine négativité. On peut faire découler tout un champs sémantique binaire manichéen à partir de cela. De plus, il ya l’idée d’une séparation irréversible entre les deux. Dans la Bible, on trouve l’idée que soit vous êtes avec Jésus, soit vous êtes contre. Une des facettes de la médaille est objet de mépris, de rejet. C’est une vision plutôt partisane.

Elle laisse des traces dans notre langage, même des antonymes binaires ponctuant nos discours moraux et/ou qualitatif avec des oppositions telles que bon/mauvais, Bien/mal, pur/impur, sacré/profane, âme/corps , esprit/matériel, sain/malsain, passif/actif.

En philosophie, les courants majoritaires reposent sur une même dialectique : déterminisme/environnementalisme, matérialisme/idéalisme, épicurisme/stoïcisme… Ils ont été et sont sujets à de nombreuses controverses, souvent résumables à pour/contre ou thèse/antithèse. Et, ce alors que la pensée intellectuelle devrait être et est une pensée tierce. De manière que la pensée inclut les nuances de la thèse et de l’antithèse.

Une bonne dissertation consiste en le dépassant de cette binarité. Pourtant, beaucoup de ces biais imprègnent encore nos débats, nos constructions sociales et nos idéologies ; autant dire notre perception du monde et donc, notre identité. Il semble toujours important de les dépasser dans le cadre intellectuel autour de certains enjeux contemporains.

Pour ne citer que quelques exemples :

– notre vision de la sexualité ou de la femme est liée à l’imaginaire culturel, attaché au corps et tâches patriarcales (lui-même associé à la faute ou à la honte)

– de nombreux débats philosophiques tournent autour des idées d’optimisme et de pessimisme, de vision positive et négative

– en psychologie, des recherches sont encore menés sur l’initiation de l’enfant à l’écart qu’il y a entre le soi et le monde, qui se traduit par le soi et les Autres

– un enjeu de compréhension des courants de pensée et de recherche des sciences humaine

-les rapports genrés dont la binarité est discutable

Dans cette optique, la pensée nuancée, tierce, peut être alternative, répond à une nécessité devenue existentielle à l’époque contemporaine. La nuance est aussi un art et un effort de compréhension par rapport au « pour »ou « contre, « noir » ou « blanc » commun.

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