A l’honneur : deux écrivaines contemporaines

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Nous allons nous pencher sur deux œuvres d’écrivaines célèbres pour illustrer notre précédent article sur la littérature contemporaine.

A savoir, il s’agira de Virginia Woolf avec Rêves de femmes et de Nathalie Sarraute avec L’ère du soupçon.

D’abord, Rêves de femmes est un recueil de nouvelles ayant une place importante pour la littérature moderne des années 20. Nous sommes donc aux sources de ce dont nous avons parlé précédemment. La première nouvelle s’appelle « Société » et met en scène un dialogue ou débat féminin sur des grands thèmes sociétaux, voire philosophique. Le rapport homme/femme est fréquemment soulevée. La possibilité absurde de faire porter les enfants aux hommes est abordée, ce qui est déjà osé pour l’époque. Nous sommes suite à la première guerre mondiale, alors la femme est revalorisée car elle a participé à l’effort de guerre. On retrouve les thèmes du travail, de l’Histoire, de la religion, des thèmes autrefois masculins. Dans ce recueil, les femmes se font philosophes et traitent de tous les sujets. C’est une société de questionneuses après de grandes études.

Dans la nouvelle « Dans le verger », on est confronté aux thèmes de l’oisiveté dans la nature. Il y a un effet de redondance avec le fait que « Miranda dormait dans le verger ». Les femmes se répartissent des rôles, des métiers d’homme : « Mary fend les bûches, Pearman mène le troupeau des vaches ». En fait, ce sont de petites utopies féminines, autour des métiers agricoles par exemple.

Le thème du mariage est évidemment omniprésent au côté de celui des legs, de l’héritage. Il y a des oppositions aux clichés éducatifs habituels. « Une chambre à soi » prévoit un roman à écrire et est écrit sous la forme du flux de conscience (aussi appelé monologue intérieur). Cette forme vise à reproduire les pensées à vif du personnage, ce qui est loin d’être évident.

Ensuite, l’Ere du soupçon est un véritable manifeste, mode d’emploi de la littérature contemporaine. Paru en 1956, l’ouvrage porte sur le roman et sur l’influence de la littérature post-moderne sur celui-ci. C’est une oeuvre théorique importante. Elle souligne cette génération d’après guerre de l’absurde, de l’incommunabilité, d’interrogations sur le rôle de la littérature. L’auteure aborde Marcel Proust, James Joyce, Virginia Woolf ou encore Dostoïevski ainsi que le Nouveau-Roman (dont l’esthétique est celle du Fragment contrairement à la linéarité habituelle de la trame narrative). La littérature contemporaine est souvent réécriture, réactualisation, après tant de décennies d’œuvres desquelles s’inspirer et, après les désastres permis par la culture.

Il y a un chapitre qui se nomme « de Dostoïevski à Kafka » portant donc sur le XIXème et l’aristocratie russe jusqu’aux années 20 en Autriche. Ce chapitre souligne que l’on passe d’une littérature psychologique à une littérature métaphysique, philosophique, existentielle. Il y a « mise en mouvement des forces psychiques inconnues« .

La psyché et l’existentiel ont de grandes places dans cette littérature contemporaine, tout comme, parfois, la femme.

Une réponse à « A l’honneur : deux écrivaines contemporaines »

  1. […] que la « littérature respire mal ». On trouve l’idée d’une « ère de soupçon » sur la fonction et le rôle de la littérature dans l’Histoire, la politique, la guerre, les […]

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