– hors série :
Par les titres ou numérotations, autrement dit le paratexte, on voit que H-Tone considère son format plus comme une série constituée d’épisodes que comme un album. Il y a une sorte de transmédialité (utilisation de différents médium) mais en même temps la vidéo n’est pas tant valorisée puisque nous avons vu que tous les épisodes se passent aux toilettes, sans intrigue particulière.
Le morceau aborde un thème d’actualité mais aussi intellectuel. H-Tône est un rappeur qui se documente, s’informe, qui se renseigne et qui prévient, informe en retour. Il est ici question de complotisme, de scepticisme etc. La musique contribue à la vulgarisation scientifique, elle se situe dans un rapport de continuité directe avec la vidéo d’Esprit Critique. Cela s’explique par l’importance d’internet aujourd’hui dans les moindres débats, qui resurgissent sur les réseaux sociaux au gré des modes, des buzz, des partages …
« Le doute, ouais, c’est bien. Savoir s’en servir c’est mieux
Parfois on l’voit venir de loin, et, parfois, ça pique les yeux
y’en a toujours qui tiquent et rarement moins qui le crient, mais,
C’est pas toujours les plus critiques qui te parlent de son esprit«
Le doute ou le scepticisme est difficile, ambivalent. C’est une capacité, un «savoir» qui n’est pas également accessible et partagé par tous («y’en a toujours qui tiquent et rarement moins qui le crient»). Il y a différenciation des gens par la temporalité.
«Parfois», répété pour traduire un pressentiment ou une flagrance. Il y a des superlatifs, pas toujours synonymes de «critique». On trouve aussi le complément d’objet indirect «esprit» : du doute mais aussi l’esprit critique du coup. C’est un clin d’oeil à la chaîne aussi dès la première strophe.
« Et t’as tout dans l’internet, quoi qu’on veuille nous cacher pour peu qu’on force l’intérêt et qu’on laisse l’œil chercher«
Le complotisme est renforcé par internet qui contient « tout», du bon comme du mauvais, des choses ambivalentes. On ne peut pas non plus cacher quoique ce soit grâce à cet outil. Mais la condition est d’y porter intérêt et de chercher par soi-même. L’auteur reconnaît le positif et le négatif dans internet comme dans la démarche complotiste qui est, toutefois, incomplète.
N’est-ce pas ? Et l’assommage laisse a voir que parfois, finalement, croire, c’est moins chronophage que savoir Jolie, merveilleuse, ouais, soit. Mais pas seulement ; La théorie d’la terre creuse, est plate, et inversement
On trouve la métaphore de l’assommement, donc de la violence derrière une forme d’apathie et de soumission. La personnification joue un rôle révélateur, de la préférence pour la croyance plutôt que pour le savoir qualifié de «chronophage» (expression inattendue pour signifier que se renseigner, tenter de comprendre, de connaître, mange, prend du temps davantage que l’opinion, la croyance sans solides fondements, plus faciles, rapides).
L’artiste va ensuite énumérer par allusions les différentes théories du complot : la terre plate, les «délires lunaires», déforme les «vraies magouilles».
« Mais gare aux simulacres, à ce qu’il y a derrière, et qui te l’amène
gare aux écarts, ainsi, de l’art de discerner le vrai de la merde«
C’est une incitation à l’impératif à se méfier des leurres, des feintes, des simulacres, qui donnent une apparence de bon sens, de cerner la vérité, la dévoiler. Il faut décortiquer ces théories, les percer à jour et identifier les sources «qui te l’amène». Dans quel intérêt aussi donc ?
«Art de discerner le vrai de la merde» : c’est l’esprit critique, le sentiment de la vérité, du fake, du montage s’apprend, s’exerce, c’est même tout un art que le discernement critique éclairé.
« ça complote, ça pense à tout
quand ils se passe des choses, on sait ce qui se cache dessous.
Complot. Complots partout.
Qu’importe la question qu’on se pose, de toute façon, c’est la réponse à tout »
La théorie du complot c’est la simplicité qui donne l’impression du réfléchi. Ca permet de tout expliquer, les coulisses, les acteurs non identifiés. On peut la voir partout. Elle permet de répondre à tout.
« ça te dit qu’tu fais pas ce que tu veux. Que c’est peut-être même pas toi qui agit
qu’en fait, t’es manipulé. Que c’est pas toi qui contrôle tes beuj’
te dit que ça va t’ouvrir les yeux sans faire dans l’idéologie«
Il développe sur le même genre d’idées en combinant celle de liberté absente «fais pas ce que tu veux». Il fait l’hypothèse qu’on serait même des pantins totalement manipulés donc déresponsabilisés aussi. Ces prétentions sont mensongères aussi car 100% idéologiques et soit-disant dans la lucidité.
Déresponsabilisation encore : on se kiffe à s’imaginer de bonnes scènes et de bonnes fables on nique la vérité, de la culpabilité se défausse si tout n’est que fruit de la volonté de types qui bouffent des gosses
«Mais au fond tu sais que toutes ces conneries ne servent qu’a te masquer
le fait que ton véritable ennemie, en fait, il ne s’est jamais planqué»
L’objectif est exprimé par la tournure restrictive «ne servent que» à cacher la vérité : celle de l’apathie, de la soumission volontaire générale, car on y trouve du confort quelque part. On utilise l’argument défaitiste, le non-espoir, la fatalité comme bonne raison de le vouloir car «de toute façon ça ne changera rien». Une forme de résignation justifie en fait la non action.
« que tu nages en pleine apathie, t’y conforte, et perdure
et ouais, pourquoi jouer la partie si elle est déjà perdue ?
Faut croire que parfois ça arrange de croire qu’on ne pourrait
de toute façon, rien pour que ça change et ce, même si on le voulait«
«c’est rassurant de croire que quelqu’un tient les rennes»
«qu’on y est pour rien, finalement. Que ce n’est qu’une volonté malsaine»
Une allusion aux théories de la certitude «on est sûr»
La strophe 8 résume très bien toute la thèse du texte : La métaphore de la digestion (qui serait l’esprit critique) est utilisée par la négative. Les gens gobent tout justement. Certaines réification avec le pronom «ça». On fait croire que c’est cela le doute. Dans une logique publicitaire, des pseudos certitudes sont promues par les complotistes.
ça graille sans mastiquer puis ça se gerbe entre les dents ça fait peur si c’est ça « douter ». Entre deux pages de pubs, les chercheurs de vérité se font promoteurs de certitudes.
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