
Ce mot a l’apparence complexe vient du grec ancien « avec, ensemble » et de aisthesie : la sensation. L’esthésie est un terme médical, c’est la capacité à percevoir une sensation. C’est la sensibilité. On retrouve ce même préfixe dans symphonie, syndicat, système, sympathie, symbole, synthèse : tout ce qui consiste à former un tout, une harmonie équilibrée à partir d’éléments hétérogènes.
Le terme de synesthésie est emprunté au vocabulaire médical d’une part, au vocabulaire artistique et littéraire, d’autre part.
Dans le premier cas, c’est une anomalie, un trouble de la perception où différentes sensations de différents plans sont sollicités. L’individu peut percevoir des couleurs pour des chiffres, des mois. C’est un mélange des sens. Plusieurs sens sont sollicités ensemble.
Dans le second cas, c’est un procédé de description ou de réinterprétation du réel. On aime faire figurer un piano pour exemple, où chaque note correspondrait à une teinte différente, pour imager ce phénomène. C’est ce que propose Arthur Rimbaud dans son sonnet « Voyelles » ou ce dont témoignent de nombreux compositeurs classiques de génie. On rejoint donc l’utopie artistique de l’art global, sollicitant et accordant tous les sens (exemple de l’opéra comme art global). Ces sens peuvent être physiques (sens, odorat, ouïe, goût, toucher) ou psychiques (imagination, intuition, suggestion).
C’est donc une autre manière de percevoir en étant attentif au sensitif sous toutes ces formes.
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